LES ARTS : PLUS PRÉSENTS QUE JAMAIS DANS LES ÉCOLES QUÉBÉCOISES

Une pétition circule actuellement dans Internet pour dénoncer la rumeur voulant que les cours optionnels en arts au secondaire soient abolis à partir de l’an prochain.

En vertu de cette pétition, le gouvernement du Québec aurait l’intention de bannir les cours d’arts au secondaire. Il est également mentionné dans cette pétition qu’il n’y aurait plus de cours d’arts plastiques, d’arts plastiques et communication, d’art dramatique, de piano, de guitare ou de tout autre instrument. Rien n’est plus faux!

Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport n’a nullement l’intention d’abolir les cours d’arts, tant au primaire qu’au secondaire. Au contraire, il va plutôt augmenter la place de ce domaine essentiel d’apprentissage dans le programme scolaire.

Dès septembre 2006, au primaire, le temps d’enseignement passera de 23,5 heures à 25 heures par semaine. Ces 90 minutes additionnelles permettront notamment aux écoles d’assurer aux élèves le temps requis pour l’apprentissage obligatoire de deux disciplines artistiques parmi les quatre suivantes : art dramatique, arts plastiques, danse et musique, l’une en continuité et l’autre pouvant varier d’un cycle à l’autre.

Par ailleurs, les élèves du premier cycle du secondaire pourront poursuivre leur formation obligatoire dans une discipline artistique de leur choix parmi celles offertes à l’école. En ce qui concerne le deuxième cycle, l’éducation artistique est obligatoire de la troisième à la cinquième secondaire.

Enfin, les arts seront assujettis aux règles de la sanction des études à la fin de la quatrième secondaire. Cela signifie que l’obtention du diplôme d’études secondaires nécessitera la réussite du cours d’arts obligatoire de quatrième secondaire.


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© Gouvernement du Québec, 2009

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Extrait du "Programme de formation de l'école québécoise"

À la fois matérialisation d’une pensée et expression d’une réalité socioculturelle, les arts plastiques1 ont permis à
l’homme, depuis les débuts de l’humanité, de traduire en images sa vision du monde à partir de savoir-faire qui
varient selon les lieux, les époques et les cultures. La présence universelle des images au cours des siècles – dont
l’histoire de l’art retrace le cheminement depuis la préhistoire, soit bien avant l’apparition de l’écriture – témoigne
de l’importance pour l’homme de ce mode de connaissance qui relève de la sensibilité, de l’intuition et de l’imaginaire.

Les artistes contribuent, depuis toujours, à faire évoluer les idées et, par le fait même, la société, en témoignant
par leurs oeuvres de leurs convictions, de leurs valeurs et de leurs préoccupations artistiques.
En arts plastiques, l’image adopte différentes formes selon les matériaux et les outils exploités. Elle peut être bidimensionnelle
ou tridimensionnelle, figurative ou abstraite, statique ou dynamique, concrète ou virtuelle, durable ou
éphémère, etc. Elle se révèle à partir de différentes techniques que les artistes ont décloisonnées pour élargir les
registres de la création artistique. L’avènement de l’ordinateur a également contribué à enrichir la discipline en
raison de la diversité des images que les nouveaux outils font naître et de l’attrait qu’ils exercent sur les jeunes.

Alors que l’oeuvre d’art découle de l’engagement de l’artiste dans une dynamique de création2 personnelle,
l’image médiatique résulte du travail créateur orienté par la fonction de communication de l’image. Dans ce
contexte, le concepteur médiatique concrétise un message visuel qui s’adresse à un public cible. Pour ce faire, il s’interroge
sur la psychologie et la culture des destinataires, précise l’information à leur transmettre et détermine les
façons les plus efficaces de les toucher, de les persuader ou de les divertir. Le choix et le traitement des matériaux
de même que l’organisation des composantes de l’image sont alors tributaires du message à communiquer.
La formation en arts plastiques vise le développement global de la personne et le rehaussement de sa culture. Elle
alphabétise l’élève sur le plan visuel, elle l’aide à décoder les images et à voir de façon sensible et elle l’amène à
exercer son esprit critique et son sens esthétique. Une telle formation revêt d’autant plus d’importance que la culture

d’aujourd’hui est marquée par l’omniprésence de l’image et que les arts plastiques y jouent un rôle primordial sur
le plan social, économique et artistique.

Le programme d’arts plastiques du premier cycle du secondaire s’inscrit dans la continuité de celui du primaire. Il
prend également appui sur les apprentissages fondamentaux communs aux disciplines du domaine des arts, qu’il
permet de consolider et d’approfondir. L’élève qui a vécu des expériences plastiques signifiantes pendant le primaire
se présente au secondaire avec un bagage graphique et artistique qui correspond à son développement cognitif,
affectif, social et psychomoteur.

Comme celui du primaire, le programme du secondaire s’articule autour de trois compétences complémentaires
et interdépendantes :

– Créer des images personnelles;
– Créer des images médiatiques;
– Apprécier des oeuvres d’art et des objets culturels du patrimoine artistique, des images personnelles et des images médiatiques.

La distinction entre les deux premières compétences repose sur leur fonction : l’une touche l’expression personnelle
et l’autre, la communication par l’image. La création d’images personnelles permet à l’élève de poursuivre son
cheminement artistique : il apprend graduellement à mieux maîtriser les gestes transformateurs, à mettre en valeur
les propriétés des matériaux, à utiliser le langage plastique de façon personnelle et à organiser les éléments matériels
et langagiers avec de plus en plus d’efficacité. Ses productions témoignent de ses valeurs personnelles et culturelles.
Lorsqu’il crée des images médiatiques, c’est la démarche de communication visuelle qu’il apprivoise ou
approfondit selon la formation qu’il a reçue au primaire. Le contenu de ses réalisations médiatiques doit désormais
tenir compte de certains des repères culturels du public cible et intégrer l’information à lui communiquer.
Parallèlement à ces deux compétences, l’élève développe sa compétence à apprécier des oeuvres d’art, des objets
culturels du patrimoine artistique, des images personnelles et des images médiatiques, dont les siennes et celles de
ses pairs.


La place accordée au développement de chacune des compétences est modulée en fonction de la nature même de
la discipline. Ainsi, les apprentissages relatifs à la création d’images personnelles ou d’images médiatiques demandent
plus de temps en raison des exigences associées au processus d’acquisition des gestes, des techniques, du langage
et des principes propres aux arts plastiques de même qu’au développement d’habiletés psychomotrices complexes.
De son côté, la compétence qui touche l’appréciation de productions plastiques est indissociable des deux autres
puisqu’elle est essentielle au développement de l’esprit critique et du sens esthétique. Elle prend graduellement plus
d’importance au secondaire, à mesure que l’élève consolide les apprentissages nécessaires pour créer des images
personnelles ou médiatiques, et ce, en fonction de son développement socioaffectif et intellectuel.

La formation en arts plastiques offre à l’élève l’occasion de se familiariser avec de nombreux repères culturels de
son environnement immédiat et avec ceux qui se rapportent aux oeuvres et réalisations plastiques qu’il apprécie. Elle
lui permet également de les mettre en relation avec les repères culturels associés à d’autres disciplines. Par
ailleurs, des activités telles que la fréquentation de musées et de galeries d’art ou la rencontre avec des artistes jouent
un rôle important pour le sensibiliser au processus de création et lui faire découvrir de façon concrète la matérialité
des oeuvres. Cela contribue aussi à enrichir sa perception et son appréciation des oeuvres. C’est ainsi qu’il s’ouvre
au monde des arts et en découvre certaines particularités.

Il prend aussi conscience de ce qui caractérise sa propre culture. Cette perception renouvelée et enrichie du monde
participe à la structuration de son identité personnelle et culturelle et le prépare à exercer son rôle de citoyen.