Extrait du "Programme de formation de l'école québécoise"


Le programme d’éducation physique et à la santé s’inscrit dans une perspective de développement global de l’élève.
S’il a notamment pour objectif de l’amener à accroître son efficience motrice par la pratique régulière d’activités
physiques, il vise également le développement d’habiletés psychosociales ainsi que l’acquisition de connaissances, de
stratégies, d’attitudes et de comportements sécuritaires et é thiques nécessaires à une gestion judicieuse de sa santé
et de son bien-être. Ainsi, au terme de sa formation, l’élève aura développé un ensemble d’outils dont il aura besoin
tout au long de sa vie pour se sentir en bonne santé, tant physique que mentale, et pour vivre en harmonie avec luimême
et avec les autres. En cela, le programme contribue de façon particulière à la formation générale de l’élève,
à la structuration de son identité, à la construction de sa vision du monde et au développement de son pouvoir
d’action, dans des contextes scolaires uniques et propres à la discipline.

L’un des défis de l’école secondaire est de proposer aux adolescents des moyens pour que l’activité physique occupe une
plus grande place dans leur vie quotidienne. Cela semble d’autant plus important que des études indiquent qu’au
moins un des facteurs de risque (obésité, hypertension, tabagisme, déficience alimentaire ou mode de vie peu actif)
associés aux maladies cardiovasculaires les plus fréquentes est présent chez une majorité d’adolescents dès le début
du secondaire. On observe aussi dans ce groupe d’âge certains problèmes liés au développement de la masse musculaire
et à la densité osseuse de même que certains troubles de santé mentale, comme l’anxiété et l’anorexie.

Traditionnellement, l’enseignement de l’éducation physique au secondaire était centré sur le développement de l’efficience
motrice et sur le contrôle technique. On croyait alors que la maîtrise d’actions motrices inciterait les élèves à
pratiquer régulièrement diverses activités physiques. Or, des é tudes sur les habitudes de vie des jeunes démontrent qu’il
faut aller bien au delà de cette efficience si on souhaite amener les jeunes à adopter un mode de vie plus actif.
Certains facteurs sont actuellement considérés comme des incitatifs majeurs qui peuvent aider l’élève à mieux comprendre
la valeur de ses apprentissages et l’encourager à développer et à maintenir un mode de vie actif. Ainsi, il
importe de tenir compte des centres d’intérêt des élèves en leur proposant un choix d’activités physiques variées
et susceptibles d’être pratiquées dans la vie courante, à l’école ou à l’extérieur de l’école. Il faut aussi les amener
à analyser les effets de la pratique d’activités physiques sur leur santé et leur bien-être. Ajoutons que la responsabilité
d’inciter les élèves à être actifs et à adopter de saines habitudes de vie n’est pas du seul ressort des enseignants
de cette discipline. Elle incombe à toute l’équipe-école ainsi qu’aux parents et à la communauté.

Le présent programme s’inscrit dans le prolongement du programme antérieur du secondaire, puisque tous deux
visent l’augmentation et la consolidation du répertoire d’actions motrices de l’élève. Il s’en distingue cependant
par l’importance qu’il accorde à certains autres apprentissages : se responsabiliser à l’égard des moyens à prendre
pour assurer sa santé et son bien-être; développer son autonomie dans l’élaboration, l’exploitation et l’évaluation
de sa démarche d’apprentissage; accroître sa capacité à coopérer avec ses pairs; et se sensibiliser à l’importance
d’adopter des comportements conformes à des règles de sécurité et d’éthique. En cela, il assure la poursuite des
apprentissages réalisés au primaire.

Le programme comporte trois compétences interreliées dont le développement a été amorcé au primaire :
– Agir dans divers contextes de pratique d’activités physiques;
– Interagir dans divers contextes de pratique d’activités physiques;
– Adopter un mode vie sain et actif.

Lorsqu’il développe la compétence Agir dans divers contextes de pratique d’activités physiques, l’élève est
amené à élargir son répertoire d’actions et à augmenter son efficience motrice par la pratique d’activités physiques
individuelles et par la réutilisation de ses apprentissages dans d’autres contextes. Cette compétence se manifeste
par l’analyse de la situation et des exigences que pose l’activité à réaliser, par l’exécution d’actions motrices ajustées
aux contraintes de l’environnement physique et par l’évaluation de son efficience motrice et de sa démarche
en fonction du but poursuivi.


En développant la compétence Interagir dans divers contextes de pratique d’activités physiques, l’élève élargit
son répertoire d’actions motrices et accroît ses habiletés sociales par la pratique d’activités collectives. Cette compétence
se manifeste par l’élaboration de plans d’action communs, par l’exécution d’actions motrices ajustées aux
autres au cours d’activités physiques collectives et par l’évaluation de leur réalisation.
Pour développer la compétence Adopter un mode de vie sain et actif, l’élève doit s’engager dans une démarche
visant à modifier certaines de ses habitudes de vie. Cette compétence se manifeste, d’une part, par l’élaboration et
la mise en oeuvre d’un plan qui inclut obligatoirement la pratique régulière d’activités physiques et, d’autre part, par
la capacité de l’élève à exercer un retour critique sur sa démarche et sur ses habitudes de vie et à en analyser les
effets sur sa santé et son bien-être.


Les compétences Agir dans divers contextes de pratique d’activités physiques et Interagir dans divers contextes de
pratique d’activités physiques sont complémentaires :
lorsque l’élève interagit, il fait appel à la compétence Agir, puisque dans l’interaction il exécute nécessairement des
actions motrices. La compétence Adopter un mode de vie sain et actif s’appuie sur les deux autres. C’est en effet
par l’appropriation des apprentissages faits dans divers contextes de pratique d’activités physiques que l’élève
pourra observer les retombées de ses choix sur sa santé et son bien-être.

Extrait du "Programme de formation de l'école québécoise"