La classe de musique, un lieu dynamique

 

La classe de musique est un lieu qui favorise l’expression, l’interprétation, la communication et l’autonomie. L’élève

s’y sent à l’aise pour exprimer ce qu’il est et pour relever les défis artistiques liés à la création et à l’interprétation

musicales. On y valorise la prise de risques, le souci de l’authenticité ainsi que le sens de la rigueur et du dépassement.

L’élève y découvre l’importance, pour la réalisation de projets artistiques communs, d’attitudes comme

l’ouverture, la tolérance, le partage, l’écoute de soi et des autres. Il y apprend aussi la persévérance et l’engagement

que demande tout travail de création et d’interprétation.  L’aménagement physique de la classe de musique est

fonctionnel, adapté aux exigences de la création musicale.  L’élève y a accès à des ressources artistiques et culturelles

de qualité, de même qu’à des ressources documentaires diversifiées : encyclopédies, disques compacts et cédéroms

sur la musique, etc. Les activités qui s’y déroulent doivent néanmoins trouver un prolongement à l’extérieur de ses

murs de façon à permettre à l’élève d’établir un contact avec son environnement culturel. La fréquentation de salles

de concert et la participation, à l’école ou ailleurs, à des activités auxquelles sont associés des musiciens et des

compositeurs sont autant d’occasions d’enrichir son bagage culturel et de s’éveiller à des perspectives de carrière.

 

Des situations d’apprentissage complexes

et signifiantes

 

Les situations proposées à l’élève doivent lui permettre d’explorer la plus large gamme possible d’expériences

sensorielles, ludiques et symboliques. Elles se complexifient au cours du cycle, mais mettent toujours l’accent sur

l’authenticité, la recherche d’originalité et d’expressivité4, tant dans la création que dans l’interprétation et l’appréciation.

Suffisamment variées et signifiantes pour intéresser les élèves et susciter leur engagement, les propositions

de création peuvent être familières, fictives, réalistes ou fantaisistes et s’inspirer d’un contexte historique particulier,

des champs d’intérêt de l’élève, de repères culturels ou d’autres disciplines.

Une situation est aussi signifiante lorsqu’elle est riche et ouverte, c’est-à-dire lorsqu’elle ne se limite pas à une

simple répétition mécanique de manifestations d’habiletés motrices et n’appelle pas une réponse univoque, mais

offre la possibilité de faire des choix parmi une variété d’avenues possibles. Elle favorise un travail créateur qui

pose un défi raisonnable à l’élève et nécessite son engagement dans un processus de perception, de sélection et

de décision. Elle génère une multitude d’activités signifiantes où des liens se tissent entre les trois compétences.

Par exemple, l’élève peut être amené à jouer le rôle de critique ou de notateur au sein d’une équipe de création.

Lorsqu’il fait l’apprentissage d’un extrait d’oeuvre musicale, l’élève peut mener une recherche sur un artiste ou

sur son époque et réinvestir les fruits de sa recherche dans un travail de création.

 

L’enseignant : un guide, un expert,

un animateur et un passeur culturel

 

L’enseignant de musique joue un rôle important pour amener le jeune à s’engager de façon personnelle et significative

dans sa formation musicale et pour l’encourager à développer des attitudes essentielles à l’exercice de la pensée

créatrice. Il agit comme un guide auprès de l’élève : il lui fait découvrir les richesses de la musique, s’ajuste à

son degré d’habileté et à ses besoins et le soutient à travers le processus d’apprentissage et d’évaluation. Il aide

l’élève à prendre conscience de son style d’apprentissage et de ses manières de faire, adapte ses attentes à son

égard et lui offre, au besoin, un parcours différencié pour mieux l’aider à progresser dans le développement, la

consolidation et la maîtrise de ses compétences. À titre d’expert de la discipline qui possède une culture pédagogique

et une bonne connaissance du développement de l’adolescent, il peut cibler les apprentissages signifiants

pour l’élève et l’aider à établir des liens entre son vécu scolaire et ses champs d’intérêt personnels ou sociaux. Il

tient parfois un rôle d’animateur, encourageant la réflexion et les échanges d’idées entre eux et leur apprenant à être

plus attentifs à l’interaction qu’exigent les activités de musique d’ensemble. Enfin, l’enseignant est un passeur

culturel5 capable de communiquer sa passion pour l’art et de jeter des ponts entre le passé, le présent et le futur.

Il amène l’élève à établir des liens entre différentes œuvres musicales et à les mettre en relation avec des manifestations

de la diversité culturelle.

 

L’élève : acteur et responsable

de ses apprentissages

 

L’élève, quant à lui, est le premier responsable de son apprentissage. Soutenu par l’enseignant, qui encourage son

autonomie et l’aide à s’engager dans une démarche réflexive, il explore la dynamique de création en portant

une attention particulière à l’authenticité et à la recherche d’originalité et d’expressivité dans ses réponses. Il fait

preuve d’ouverture et de persévérance dans sa recherche et ses choix. Il n’hésite cependant pas à les évaluer lorsque

vient le moment de prendre du recul pour réfléchir sur le sens de sa réalisation et sur le processus qui y a conduit.

Il consigne des traces de ses expériences de création, d’interprétation et d’appréciation. Il peut ainsi prendre

conscience des stratégies et des moyens qu’il a utilisés et les réinvestir dans des situations analogues ou dans

d’autres contextes.

 

L’évaluation comme aide à l’apprentissage

 

L’évaluation doit avant tout être conçue comme une aide à l’apprentissage. Elle suppose, à travers chaque situation

d’apprentissage, une régulation qui permet d’apporter les ajustements nécessaires au développement des compétences.

Pour cette raison, il est plus juste de parler d’une situation d’apprentissage et d’évaluation. Cette régulation

peut être faite par des observations directes ou encore par des observations consignées à l’aide de listes de vérification,

de grilles d’autoévaluation ou de coévaluation.  L’usage d’autres outils de consignation, comme le portfolio

sur support numérique, est recommandé pour enregistrer certaines créations ou interprétations d’oeuvres plus

significatives. L’enseignant et l’élève seront ainsi en mesure de voir une progression dans le développement

des compétences et de réajuster, s’il y a lieu, les moyens utilisés pour atteindre le niveau de développement

attendu en fin de cycle.